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Data: 1995eko urtarrila

Présentation

Traduction: Kattalin Totorika

La première information de ce numéro de Senez concerne le changement de propriétaire, car l’éditeur de cette revue qui était jusqu’ici l’Ecole de Traducteurs de Donostia sera désormais l’Association des Traducteurs, Correcteurs et Interprètes Basques.

En créant, il y a quatre ans, cette revue Senez, l’Ecole de Traducteurs de Donostia souhaitait, comme elle l’exposait dans le préambule de son premier numéro, offrir aux traducteurs un lieu de rencontre et de réflexion. Son objectif fondamental était d’avoir une véritable connaissance de la traduction basque, d’en renforcer la qualité, et de lui apporter les outils indispensables à son développement. En ce sens, depuis le début de sa parution, cette revue a essayé de mener, dans tous les domaines où la traduction basque a une place, une réflexion sur cet univers : théorie de la traduction, traduction littéraire et pragmatique, interprétation, critique et histoire de la traduction, linguistique contrastive, situation et conditions de travail du traducteur. En bref, elle a fait ce qu’elle a pu dans tous le domaines concernant la traduction basque, dans la mesure des possibilités - malheureusement limitées - qui lui étaient données.

Son effort a également consisté à connaître et à orienter les besoins et les attentes des traducteurs, interprètes, et correcteurs basques. L’une des bases de départ de l’association EIZIE réside précisément dans une enquête réalisée par cette revue. Ainsi, l’association EIZIE, qui doit être une avancée extraordinaire et un outil essentiel pour renforcer le monde de la traduction basque, est née du besoin et de l’envie qu’avaient les traducteurs, correcteurs, et interprètes du Pays Basque de se réunir et de s’entraider.

Parmi les objectifs retenus par cette association pour sa 1ère Assemblée Générale, il est question “d’essayer de former les traducteurs basques afin qu’ils s’améliorent” (2ème Titre, Article 7 – d). L’Association peut remplir cette tâche de diverses manières : publications, réunions, séminaires, etc., et elle a même commencé à organiser des séminaires, afin que ces objectifs ne restent pas lettre morte.

L’Ecole de Traducteurs de Donostia ayant estimé que l’Association serait un lieu plus approprié pour accueillir cette revue, elle lui a offert cette opportunité, d’autant que les objectifs qu’elle avait elle-même affichés dans le préambule de son premier numéro sont identiques à ceux de l’Association : “cette revue a pour premier objectif d’être le point de rassemblement de tous ceux qui ont un intérêt pour le domaine que nous avons choisi de traiter” et un peu plus loin *“comme second objectif… puiser dans la théorisation extérieure et informer sur tout ce qui peut nous être utile”*

Le Comité de Direction de l’Association a accepté l’offre, et mis en place un comité de rédaction afin de réaliser cette revue. Cette rédaction est composée de personnes issues de toutes les instances de l’Association : commission des traducteurs de l’administration et des médias, traducteurs littéraires, interprètes. Parmi les décisions prises par cette rédaction, celles qui pourraient avoir le plus de répercussions concernent la périodicité de la publication, l’allègement de la revue, et le fait de publier davantage de travaux ponctuels sur des questions concrètes relatives à la traduction.

A l’heure où débute pour la revue, avec ce numéro, une nouvelle tranche de vie, nous souhaitons donc à SENEZ de longues années de prospérité.

Ce numéro

La traduction des textes issus des principales religions à travers le monde a toujours posé de sérieuses difficultés, mais comme dans toute difficulté, elle a également suscité de nombreuses réflexions et entraîné de multiples conséquences sur les lieux et aux époques concernés.

La genèse de la littérature écrite de bon nombre de langues se fonde sur la traduction des textes sacrés : ainsi en va t-il de l’arménien, du gothique, du russe, de l’ukrainien, de l’allemand, du lituanien, du tchèque et, peu s’en faut, du basque. Il faudrait également évoquer, même si l’on en parle moins, les nombreuses langues pourvues, à partir du siècle dernier, d’un alphabet par les missionnaires, en Afrique et en Amérique essentiellement. Ces langues sont pratiquement les seules, hormis celles qui ont été alphabétisées après la Révolution d’Octobre en Union Soviétique, à être parvenues à l’écriture.

C’est pourquoi nous ne saurions oublier, dans le lointain Orient tout particulièrement, l’influence extraordinaire qu’a eue la traduction des textes sacrés sur des langues comme le tibétain, le japonais et, dans une certaine mesure, le chinois.

La traduction des textes sacrés a généré un effort important de théorisation, parce qu’elle exige un respect exceptionnel du contenu du texte original, et la plupart du temps de la forme ; car la parole sacrée est, en soi, opérante.

Dans le même ordre d’idées, un court historique de traductions réalisées en langue basque à partir de textes sacrés (la Bible) est proposé. A la fin de cet historique, on trouve deux grandes traductions : celle du groupe pour une traduction de la Bible commune à l’église catholique et à l’église protestante, et la traduction du Nouveau Testament de la Commission Liturgique. Ces deux textes font également l’objet d’analyses dans des articles qui leur sont respectivement consacrés.

A côté de ce que l’on peut qualifier de sujet monographique de ce numéro de Senez, on trouvera un autre sujet très débattu ces temps derniers dans le monde des traducteurs : la régulation des études de traducteur. Il existe au niveau de l’Etat espagnol un projet de modification des études de traducteur, et certaines propositions ont été avancées. La source et les objectifs de ces propositions sont analysés dans deux articles.

En outre, les rubriques habituelles de Senez sont au rendez-vous : critique de traductions, informations sur des revues et ouvrages parus, et nouvelles brèves.


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