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Data: 1994ko urria

Présentation

Traduction: Kattalin Totorika

Cette année coïncide avec le dixième anniversaire de la naissance de l’Ecole de Traducteurs de Martutene. Celle-ci fut, hormis les autres stages courts qui eurent lieu entre-temps, le premier organisme durable né de la volonté de diriger, d’analyser, et d’enseigner la traduction basque.

A l’occasion de cet anniversaire, nous avons eu envie de partager, dans ce numéro, les réflexions que nous inspire la situation des études de traduction. Cette année en effet, outre la célébration de cet anniversaire, un certain nombre de changements importants sont intervenus dans ce cursus d’études de traduction : en lieu et place des organismes qui accueillaient jusqu’ici à cet enseignement, il est question que ce cursus se déroule désormais au sein de l’université. Pour cela, des négociations ont eu lieu avec l’Université du Pays Basque, et l’Université de Deustu a mis en place un cursus permettant l’obtention d’un Master de Traduction.

Toutefois, en plaçant ces études au sein de l’université, on est loin de résoudre, comme par magie, tous les problèmes qui se posent à l’heure actuelle. Nous savons, malheureusement, que l’université fonctionne aussi, de l’intérieur, comme un appareil de pouvoir auto-reproducteur, ce qui inquiète d’ailleurs de nombreux universitaires. Et qui est encore plus préoccupant dans les domaines littéraires.

Tandis qu’actuellement, dans les universités espagnoles, des cursus de traduction sont mis en place, des intérêts étrangers à la traduction sont apparus, en particulier des intérêts de reconversion interne à l’appareil académique (des intérêts de reconversion des professeurs de Philologie, comme cela a été dénoncé maintes fois par les traducteurs), et qui priment sur une véritable connaissance de la traduction, une orientation adaptée et un enseignement valable de cette matière.

Nous craignons que des intérêts du même type n’interviennent également parmi nous, et de même que la traduction basque a ses propres caractéristiques, que ces intérêts d’appareil non avoués et inavouables, sous couvert d’académisme, n’étouffent l’apprentissage et l’enseignement de la traduction qui aurait besoin de ces caractéristiques particulières.

Le système d’apprentissage qui sera mis en place pour former les traducteurs basques doit répondre aux besoins de la traduction basque. C’est pourquoi il faut avant tout bien évaluer ces besoins : besoins du marché, besoins dans le domaine de la connaissance, de la reconversion, besoins de statut. Même si les études de traducteur, quelles que soient les langues concernées, nécessitent un certain nombre de connaissances communes, la traduction étant toujours un acte de communication, elles sont liées plus étroitement à la situation linguistique dans laquelle se déroule cette communication que n’importe quel autre apprentissage lié à la langue. Toutefois, pour ce qui est de l’euskara, il faut souligner que sa situation sociolinguistique est différente de celle des langues environnantes, assez particulière aussi, surtout si on la compare aux langues des pays bénéficiant, alentour, d’écoles de traducteurs.

C’est pourquoi, dans ce numéro, qui nous permet de célébrer d’une certaine manière les dix ans de l’Ecole de Traducteurs de Martutene, un effort particulier a été fait pour analyser ces spécificités inhérentes à la traduction basque et que les études de traducteurs basques, pour être vraiment efficaces et fructueuses, devraient prendre en compte.

D’autre part, un certain nombre d’articles sur d’autres sujets concrets présentant un intérêt particulier pour les traducteurs ont été rassemblés ici, qui traitent de certaines interférences apparues dans les traductions, ou encore de certains points pratiques et théoriques. Sont également proposés des documents présentés à diverses institutions, notamment au nom de l’Association EIZIE, dans la mesure où ils permettent d’éclairer la situation de la traduction basque.

Au revoir

La revue Senez évolue. Jusqu’à une date récente, elle était publiée sous la responsabilité de l’Ecole de Traducteurs de Martutene, et son directeur en était issu. Depuis le dernier numéro, la propriété et la responsabilité de cette revue sont entre les mains de l’Association EIZIE. Etant donné la manière avec laquelle l’association se développe et se renforce, il est légitime que ses tâches, qui au départ sont forcément restées concentrées entre les mains d’un petit nombre de personnes, s’étendent progressivement et soient confiées à davantage de personnes. De même que la direction d’EIZIE a évolué d’année en année, intégrant de nouvelles personnes, il était également temps que la revue Senez connaisse certains changements.

Ainsi, dans le dernier numéro, tandis que l’Association devenait propriétaire de la revue, le comité de rédaction était modifié, pour être composé de représentants de tous les secteurs de l’Association. Cette fois, c’est le directeur qui change. La barre tenue jusqu’ici par J. M. Zabaleta, professeur à l’Ecole de Traducteurs de Martutene et secrétaire d’EIZIE, sera reprise par Koldo Biguri, traducteur à la Mairie de Vitoria-Gasteiz et professeur à l’Ecole de traducteurs de l’Institut Basque d’Administration Publique. C’est un homme qui n’en est pas à sa première expérience en matière de direction d’une revue, qui a démontré sa valeur, qui connaît la traduction et l’interprétation puisqu’il en a fait son métier, et qui ne manque pas d’idées ; c’est dire que cette revue se trouve entre de bonnes mains, le changement de direction lui sera, à n’en pas douter, bénéfique.

Je me lève donc, pour laisser mon siège à Koldo. Il a face à lui machine à écrire et téléphone.


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