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Data: 1993ko urria

L’enseignement de la traduction pour les langues d’Europe - Eva Koberski


Résumé

Traduction: Hélène Hargous Cerezo

De nombreux traducteurs de LDL traduisent non seulement dans leurs langues maternelles, mais aussi dans des langues de large diffusion, ce genre de traduction peut s’avérer intéressant et utile pour analyser les problèmes et les difficultés qu’ils rencontrent et la façon de les résoudre; pour le dire autrement, pour élaborer une théorie de la traduction.

Tout traducteur qui doit travailler avec deux langues ou plus, sait bien que les mots, dans de nombreuses langues, en dehors du sens collecté par le dictionnaire, ont très souvent des connotations et des sens proches, et que par conséquent il n’y a pas d’équivalence totale entre les deux langues.

D’autre part, le type de langue que l’on a à utiliser (langue de narration, dialogue, poétique, etc.) est déterminé par le sujet lui-même qui requiert sa grammaire propre, son lexique, son registre et son genre. Mais ce type de langue change d’une langue à l’autre; prenons par exemple le français et l’anglais: dans la narration, le premier emploie le présent historique pour donner une plus grande vivacité au récit, alors que l’anglais préfère les formes du passé pour produire le même effet. Le traducteur de poésie, quant à lui, doit prendre un soin tout particulier dans le choix des connotations, des suggestions, des images, des allusions, etc. propres au registre utilisé dans la langue d’origine. C’est un véritable casse-tête pour lui de choisir la forme à retenir en tenant compte de toutes ces particularités culturelles.

S’agissant de la traduction faite à partir d’une LDL, le cas du hongrois est un exemple tout à fait intéressant car, historiquement il n’est pas issu de la famille des langues indo-européennes (il y a 28 cas de déclinaison, un genre neutre, le système d’un même pronom pour les deux sexes, etc.) Les traducteurs de poésie hongroise (en dehors de ses frontières, le hongrois est, on le sait, une langue très peu connue) collaborent toujours étroitement avec les auteurs, comme dans le cas de « A világ teremtése : La création du monde » de la poétesse hongroise Eva Tóth, traduite en collaboration entre elle-même et le traducteur français A.C. Magnes. Les problèmes qui sont apparus ici ont une valeur générale qui permet d’objectiver les difficultés inhérentes à la traduction d’une œuvre littéraire dans une autre langue:

- Tout d’abord, il faut déterminer les modèles structuraux de la langue d’origine et ses traditions culturelles;
- ensuite, il s’agit d’essayer de les transposer dans l’autre langue;
- enfin, il faut élaborer les résultats obtenus dans la langue cible.


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