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Data: 1993ko urria La traduction scientifique dans les langues de faible diffusion et le processus de normalisation - Seosamh O MurchúRésumé Traduction: Hélène Hargous Cerezo
Situation Le passé colonial de l’Irlande a eu des effets évidents tant au niveau des locuteurs natifs de l’irlandais que pour ceux dont il est la langue seconde. On observe dans ces deux groupes une réaction assez pessimiste vis-à-vis de la capacité de la langue Gaeltacht à affronter la complexité du monde moderne. A cela s’ajoute l’échec des initiatives prises par les organismes officiels pour corriger la dysglossie négatif/ sélective que l’on enregistre dans l’usage de l’irlandais et qui a eu pour effet d’augmenter l’incrédulité de ces groupes-là envers la langue. D’autre part, la faible tradition scientifique irlandaise n’est pas non plus très favorable à la langue, car elle n’a joué aucun rôle dans le développement du langage scientifique. Il y a en outre d’autres facteurs qui ont empêché ce développement tels que: Conséquence de cette histoire: la situation actuelle de dysglossie sélective:
L’attitude de certains face à une telle situation pourrait être qualifiée de « préservationniste ». Pour eux l’important c’est de préserver cette chère relique linguistique dans son éternelle pureté, ne sachant pas quelle pourrait être sa place dans la vie courante. Une telle attitude puriste/purificatrice, pour aussi bien intentionnée qu’elle soit, ne peut avoir d’autre résultat que de laisser mourir en douceur la langue et constitue un autre obstacle à la possibilité de normaliser l’irlandais. Quoi qu’il en soit, c’est un abîme qui existe entre les locuteurs de la zone Gaeltacht et ceux du reste du pays. Etablir un pont entre les uns et les autres est une tâche fondamentalement politique qui devra tenir compte des réalités historiques, sociologiques et culturelles de chaque groupe avec comme objectif d’impulser la conscience politique qui leur convienne. Il faut d’autre part, pour affronter les forces qui menacent le progrès de la langue irlandaise, une politique capable de mettre en avant , par exemple, le marketing de la volonté politique face à la logique pure du marché. Cependant, tout n’est pas si sombre, on observe en effet un début de réaction dans le secteur des classes urbaines irlandaises: on construit de nouvelles écoles, en dépit des obstacles économiques et bureaucratiques, et parallèlement se développe une conscience identitaire liée à la langue; dans ce sens, les personnes concernées par ce mouvement s’intéressent davantage à la maîtrise de la nouvelle terminologie, dans le but de posséder une langue qu’elles puissent utiliser dans leur propre univers. La traduction scientifique L’un des obstacles à surmonter dans la traduction de textes scientifiques en irlandais est celui des langages de spécialistes. En un certain sens, cela ressemble beaucoup au problème des jargons à la télévision ou dans les médias de masse, car il est très difficile d’obtenir un jargon expressif quand on traduit dans une langue qui n’est pas développée dans beaucoup de domaines. On peut réagir à cette situation de deux manières différentes: Il faut, à l’évidence, emprunter cette seconde voie, malgré toutes ses difficultés ,pour tout ce qui concerne les jargons ou les autres formes spécifiques de langage, comme dans le cas du langage scientifique. Si l’on s’en tient à la terminologie, la Commission de Terminologie du Département d’Education (appelée « Coiste Tearmaiochta ») a trouvé en héritage une langue écrite non encore unifiée à ce jour et une traduction scientifique très pauvre. Depuis sa création en 1968, ce groupe s’est lancé dans la création d’une terminologie et dans la rénovation des néologismes en irlandais. Pour ne pas arriver à une situation de dysglossie qui empêche toute langue autre que l’anglais d’accéder à un certain domaine, il faut reconnaître le droit de l’irlandais à occuper ce même domaine. Pour y arriver il faut en passer par les médias de masse. La commission déjà citée a utilisé trois procédés dans son travail terminologique: Un autre objectif de la commission a été de revoir et de compléter le dictionnaire de termes scientifiques de 1966, tâche qui a posé de multiples difficultés: |
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