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Data: 1994ko irailak

Présentation - Koldo Biguri

Traduction: Ana Ibabe

La revue SENEZ va bientôt atteindre sa dixième année et pendant ce long cheminement elle a subi pas mal de transformations . Elle est née au sein de l’Ecole des Traducteurs de Martutene, et elle est en ce moment sous la tutelle de l’Association de Traducteurs, Correcteurs et Interprètes de Langue Basque. D’autre part, elle est passée de paraître tous les quatre mois à une périodicité annuelle. Mais ces transformations n’ont pas touché uniquement la revue ; en effet, pendant ces dix années c’est le monde de la traduction en langue basque qui a connu un grand bouleversement, du point de vue quantitatif mais aussi et surtout au niveau qualitatif. A une certaine époque, pas très lointaine encore, « traduction en langue basque » était synonyme de « traduction en basque " étranger " », langue parfois considérée comme ennemie du " vrai " et de l’" authentique " basque, et ceux qui partageaient ces préjugés ne s’inquiétaient pas de savoir comment ni dans quelles conditions on traduisait les textes d’autres langues en euskara : sans école pour apprendre les techniques de la traduction, sans dictionnaires adéquats, sans études qui mèneraient à une maîtrise de la traduction en langue basque. Heureusement les années ne passent pas en vain, et nous disposons aujourd’hui de ressources et d’instruments inimaginables il y a encore pas si longtemps. Ainsi, les traducteurs littéraires ont des motifs de satisfaction quand ils entendent de la bouche d’un écrivain de la catégorie de Lertxundi que la traduction est ce que la littérature basque produit de mieux ces dernières années et que c’est certainement le terrain dans lequel notre littérature nationale a le plus avancé.

Toutefois, la société basque (en particulier le monde bascophone) n’apprécie pas encore à sa juste mesure l’apport de la traduction à la normalisation de la langue elle-même - ne serait-ce qu’au niveau grammatical -, ni la fonction et le rôle qu’elle joue déjà au sein de la société et qu’elle jouera à l’avenir. . Mais si le monde de la traduction doit continuer à progresser, il est indispensable de disposer des moyens adéquats (instruments de travail, matériel d’apprentissage, sujets de réflexion et discussion) pour former les nouveaux traducteurs ainsi que les professionnels qui exercent déjà le métier. Après la fermeture définitive de l’École de Traducteurs de Martutene et de l’Institut Basque de l’Administration Publique ce besoin se fait de plus en plus impérieux. , .; La participation croissante de nombreux traducteurs et futurs traducteurs aux masters organisés par l’Université du Pays Basque et celle de Deusto, aux stages organisés par l’Université Basque d’été à Bayonne et à Iruñea, et à d’autres cours de formation est la preuve indéniable de l’intérêt grandissant que le monde de la traduction suscite dans notre société. C’est ainsi que notre revue s’inscrit pleinement dans ce contexte. A sa naissance, elle a reçu l’appui des professeurs et d’élèves de l’Ecole de Martutene qui y publiaient les textes et les travaux nécessaires à leur formation. Par la suite, nous avons voulu que cette revue parvienne à tous les traducteurs en langue basque, et avons eu recours à la collaboration de nouveaux spécialistes et professionnels en la matière, collaboration qui continue de nos jours.. Tout au long de ces années, nombre des objectifs que nous nous sommes fixés au début de la publication ont été atteints, et de ce fait, la structure et les contenus de la revue ont varié selon les nécessités et les possibilités de chaque moment.

Contrairement à ce que nous écrivions dans la préface du premier numéro de SENEZ, actuellement les rapports entre traducteurs se sont beaucoup développés, et ce grâce, en partie, à cette publication qui nous a donné l’occasiond’avoir un point de rencontre ; d’autre part, elle nous a permis d’accéder aux théories en matière de traduction venant de l’étranger, soit à travers des traductions, soit par la publication de matériaux présentés lors des stages, des cours et des séminaires organisés par EIZIE à lors des cours d’été de l’Université du Pays Basque. Nous voulons poursuivre dans cette vpie et pour cela nous comptons sur la précieuse contributiondes traducteurs et des futurs traducteurs ; cette revue ne veut pas limiter sa portée aux membres de EIZIE, mais elle veut l’élargir à tous les Basques qui exercent ce métier ou prennent du plaisir à traduire.

Nous venons d’apprendre le décès de Antonio María Labaien, écrivain de théâtre et traducteur. EIZIE et le Conseil de Rédaction de SENEZ lui rendons hommage et dédions ce numéro à sa mémoire.


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