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Senez 31 (2006)
Data: 2006ko abendua

Senez 31 (2006)

PREAMBULE

Cher lecteur, vous avez entre les mains un numéro spécial, monographique, de la revue Senez : il s’agit du fruit de la session “L’écrivain dans l’atelier des traducteurs”, organisée à l’automne 2006 par l’association EIZIE, et qui a permis la confrontation entre l’écrivain récompensé l’année précédente par le Prix Euskadi de Littérature, et plusieurs traducteurs. Ce numéro vous propose donc un récit intitulé “Batere valsik gabe amaituko da narrazio hau ere” (“Ce récit aussi s’achèvera sans la moindre valse”), extrait du livre d’Harkaitz Cano Neguko Zirkua (Le Cirque d’Hiver, éd. Susa, 2005), en cinq langues différentes.

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Nous n'accordons pas aux gestes l'importance qu'ils ont vraiment. Grave erreur quand notre seule fortune se limite, bien souvent, à un geste. Quand il ne nous reste plus un kopeck, pas même un mot. Rien qu'un geste.

C’est par ces mots que débute le texte d’Harkaitz Cano. Si on les rapporte à notre quotidien, je dirais que l’auteur a raison. Nous concentrons toute notre attention sur les grands projets. Nous en examinons les données à la loupe. Nous nous focalisons sur la réponse des médias... Et bien souvent, les petits gestes passent inaperçus, ils nous échappent. Nous les laissons échapper.

Cet atelier, dont c’était cette année la troisième édition, pourrait également passer pour un petit geste, un geste modeste, pour beaucoup passé inaperçu. Mais un beau geste. Un luxe. Cette année encore, en effet, comme lors des précédentes sessions, c’est ce mot qui est revenu le plus souvent dans les commentaires : luxe. Car pour un auteur, se confronter à ses traducteurs est bien un luxe. De même que pour des traducteurs, avoir la chance de faire évoluer leur travail en compagnie de l’auteur est également un luxe. Luxe pour tous. Petit geste luxueux.

Nous aurions souhaité, même si cela n’a pas été possible dans ce numéro spécial de la revue Senez, rendre compte de l’expérience vécue par les protagonistes de cette rencontre, qui a fait voler en éclats, dans cette ville frontalière d’Irun, toute frontière entre les langues. Mais puisque nous n’avons pu le faire, nous tenons au moins à publier ici le résultat de ce travail : le récit d’Harkaitz Cano, intitulé “Batere valsik gabe amaituko da narrazio hau ere”, traduit dans différentes langues. Le Galicien Isaac Xubin est l’auteur de la version galicienne, Kristin Addis est à l’origine de la version anglaise, et Kattalin Totorika a assuré la traduction en français. Nous y adjoignons le texte en espagnol, traduit par l’auteur lui-même. Le texte d’Harkaitz a donc pris son envol, et il survolera de nombreuses frontières, réelles autant que virtuelles.

Nous avons ouvert la voie il y a deux ans, à la Maison des Traducteurs de Tarazona, avec la nouvelle “Un Ange Passe” de Pello Lizarralde. L’an passé, nous avons poursuivi l’expérience avec le récit de Jokin Muñoz, “Hausturak” (“Ruptures”). Cette année, il s’agissait de la troisième édition. Est-ce le signe d’une initiative qui peu à peu s’impose ? Je veux le croire. Quoi qu’il en soit, ne commettons pas la grave erreur de ne pas accorder aux gestes l’importance qu’ils ont vraiment, car ce petit geste entre un auteur et des traducteurs ne manque pas, dans sa simplicité, d’une certaine grandeur.

Joseba Ossa

Traduction de Kattalin Totorika

SOMMAIRE

Ce recit aussi s'achevera sans la moindre valse